LA TROISIEME SEMAINE
 
 
Samedi 1er Mars :


De bon matin, nous partons à cinq où six à la ville la plus proche; Taquara, pour
tenter de retirer de l'argent, nos tentatives pour écouler nos traveller's chèques ayant toutes échoué.
Après quelques tentatives infructueuses, nous repartons, les poches pleines de "Reals", la monnaie
locale. Profitant de cette aubaine, nous nous hâtons d'acheter tous les souvenirs qui nous font envie
depuis 2 semaines.
Pendant ce temps, le reste du groupe est parti, accompagné d'un guide Brésilien, explorer la forêt
é quatoriale aux abords de la ville. Le simple fait d'y penser me fatigue davantage…….
L'après-midi, un choix lourd de conséquences s'offre à moi; je peux, bien sûr, participer à la séance
de travail quotidienne qui décidera sans doute de ma participation où non au défilé; je peux aussi
me rendre, avec Arlex et Fabio, au stade MARACANA, assister au match qui enflamme déjà tout
RIO: le derby Vasco de Gama/Flamengo qui décidera du titre "Carioca".
Je choisis le coup de poker, et nous voilà parti pour le plus grand stade du monde. L'ambiance dans les tribunes est extraordinaire, chaque club ayant son groupe de Samba, jouant à tour de rôle.
La rencontre, très technique, est agréable à suivre et se termine sur le score de 1 à 1, Vasco étant
sacré Champion de l'état de RIO.
Lorsque nous revenons, l'ambiance est tendue. La sélection est enfin décidée. Nous passons tous
devant Marquinho. Contre toute attente, j'ai encore une chance; je serai jaugé lors de la dernière
répétition "Quadra", cette nuit.
Sur place, j'ai du mal à trouver un instrument, le défilé ayant lieu dans 3 jours, les places sont très
chères. Je donne tout ce que j'ai, essayant d'oublier que l'on m'observe et, miracle, je fait partie des
heureux élus qui reçoivent un costume ouvrant la porte du "SAMBODROMO".
Je suis sûr d'une chose maintenant: le travail paie…….
 
Dimanche 2 Mars :


Nous nous réveillons sans pression ce matin là, et décidons d'aller à la plage de
Récreio, la plus proche du site, pour oublier un peu le Samba. L'eau de mer possède des vertus qui
apaisent, que ce soient les douleurs physiques où morales.
Après quelques problèmes pour rentrer, nous pouvons aller admirer les chars qui vont participer
à la première soirée du CARNAVAL. Le retour étant prévu à 6H du matin, la plupart préfère une
veillée de tranquillité en allant au restaurant voisin. Pour changer, nous choisissons, avec Laurent,
une Pizzeria plus lointaine où les plats sont très bons, mais beaucoup trop copieux. Malgré notre
bonne volonté, nous en laissons la moitié.
 
Lundi 3 Mars :


Aujourd'hui a lieu, en ville, le "Bloco do Gringos", défilé qui rassemble tous ce que
RIO compte comme Sambistes non Brésiliens; c'est une tradition ici. Malgré la tentation, la plupart
de nous préfère passer la journée à ne rien faire. Seuls, Patrick, Olivier, Frank et Lulu s'y rendent en taxi, et reviennent ravis de cette expérience.
Nous partons ensuite sous la pluie (mais oui!!!) au "SAMBODROMO"pour assister à la prestation
des 8 dernières écoles du groupe "Especial", les autres ayant défilé la veille.
Les tribunes sont bondées pour admirer les mythes que sont:"Mocidade, Viradouro, Portela, Béija-
Flor, Tradiçao, l'école de Ronaldo", et d'autres encore……. Pour ces grosses écoles, les "Baterias"
se composent de 300 à 400 musiciens qui accompagnent environ 3000 à 4000 danseuses et danseurs
costumés se trémoussant entre des chars somptueux qui culminent à 15 mètres de hauteur, durant 1H 20; chaque minute en trop faisant baisser la note d'ensemble. ( La"Bateria"de"Salgueiro" est sortie au pas de course, la veille, de l'allée).
Après ce feu d'artifice ininterrompu jusqu'à 8H du matin, nous rentrons ravis, ayant pu apprécier
les conditions de notre défilé du lendemain.
 
Mardi 4 Mars :


Le jour J. L'atmosphère est irréelle. Chacun se prépare à sa manière, tantôt crispée
tantôt décontractée. On a l'impression que le temps est suspendu…….
L'heure de partir arrive pourtant. Nous allons d'abord à la "Quadra"chercher le matériel et les
costumes, nous écoutons ensuite les discours mobilisateurs de Marquinho et du président de l'école.
Puis toute une armada d'une trentaine de cars s'ébranle en musique, en direction du centre de RIO.
L'appréhension s'est évaporée, chacun participe à l'ambiance extraordinaire en chantant.
Le matériel distribué et les costumes à peine ajustés, il faut "piquer un sprint "jusqu'au départ, le
timing ayant changé, c'est notre tour .
Malheureusement, le bus transportant la plupart des "Tamborims"s'étant quelque peu égaré, le
" Puxador"fait patienter le public avec la chanson de l'année dernière, en les attendant.
Enfin tout rentre dans l'ordre et la folie peut commencer.
Etre musicien dans une "Bateria"n'est pas le meilleur moyen d'admirer le "SAMBODROMO" en
ébullition; on est noyé dans un océan de plumes, concentrés à l'extrême sur les gestes des Directeurs de "Bateria". Mais c'est un moment unique à vivre, tellement on se sent fort, à l'abri de tout. C'est
comme si rien ne pouvait arriver à cette puissance démentielle…….
Le temps est passé très vite. C'est déjà le signal de fin. Alors seulement, je peux jeter un œil sur l'al-
-lée mythique; quelle émotion !!!
Le reste de la nuit n'est que fête, la "Capirinha"coulant à flots jusqu'à l'abrutissement…….
 
Mercredi 5 Mars :


Lorsque je me léve, je croise quelques Brésiliens pas encore couchés. Clins d'œil
complices, tapes amicales, ils sont devenus de vrais Amis, et j'ai l'impression qu'ils nous considèrent
comme des leurs, nous ayant initiés avec succés à la magie du Samba.
L'après-midi ont lieu les résultats du groupe "Espécial", on s'active donc pour brancher tant bien
que mal la télévision et les enceintes, puis chacun s'installe et supporte le groupe de son cœur, mar-
-telant ce qui lui tombe sous la main, ce qui engendre un beau vacarme.
Après 2H d'un interminable chassé-croisé, "Beija-Flor"est déclaré "CHAMPION 2003" devançant
d'un souffle"Mangueira", et malgré la déception visible de certains, nous improvisons ensemble un
Samba endiablé pour fèter les vainqueurs.
Le repas suit, puis la fête recommence, encore plus furieuse que la veille. Les tètes seront lourdes au
réveil.
 
Jeudi 6 Mars :


A la veille du départ, il faut penser aux derniers achats de souvenirs et à dépenser
nos derniers "Reals". Nous passons la matinée à fouiner dans les magasins, puis nous rentrons au
site, les bras chargés de trésors.
Les résultats intéressant notre école doivent ètre diffusés sur une Radio locale au milieu de l'après-
midi. Nous devons les écouter à la "Quadra", avec toute la "Bateria". Mais la fête de la veille a lais-
-sé des traces. Il n'y a quasiment personne, et, pour couronner le tout, nul ne sait sur quelle station
ni à quelle heure cela doit avoir lieu.
Après quelques bidouillages infructueux, nous revenons à la maison. Finalement, il s'avère que l'on
termine à la 5ème place sur 12 écoles; c'est très encourageant pour une première à ce niveau.
Au cours de la partie de Football qui s'ensuit, ma fougue me joue encore un tour, je me fais une ent-
-orse au genou gauche. Mon séjour se termine comme il a commencé; sur une jambe…….
 
Vendredi 7 Mars :


Le réveil est doublement douloureux pour moi. J'ai très mal au genou et c'est le
jour du départ. Les bagages bouclés, nous quittons avec peine nos amis Brésiliens en promettant de
revenir le plus tôt possible.
Aéroport, avion, aéroport, bus, autoroute…….pour retrouver la Bourgogne. Une seule pensée:
VIVEMENT L'ANNEE PROCHAINE !!!